Construction d’une trame de questionnaire

 In Suivi des travaux

Au sein de notre programme, cette phase a été nommée : Nomenclature.

Elle permet de définir et justifier les termes employés. Ce travail permet de requestionner les objectifs et critères choisis lors de cette première phase de définition.

La Nomenclature a plusieurs objectifs :

  • Permettre au coordinateur de concevoir des indicateurs et un questionnaire utilisant des termes pertinents et validés par le Comité de pilotage,
  • Permettre de préparer la création du formulaire. Un glossaire accompagnant le recensement sera donc créé,
  • Plus globalement, elle servira de référence au Comité de pilotage quant au vocabulaire et à ses justifications (en référence à la culture/connaissance commune qui évolue au fur et à mesure du programme).

La Nomenclature précise les définitions et les justifications de chaque terme présent sur le schéma de définition servant à la construction du questionnaire de recensement.

POINTS DE DISCUSSION

Quelques exemples pour vous donner une idée de la teneur des réflexions.

  • Sur l'usage du terme "ferme"

La « ferme » désigne la structure juridique support de l’activité de production agricole. Ce terme est plus neutre dans l’inconscient collectif des agriculteurs et personnes rencontrées dans le cadre de nos travaux (citoyens, associations, institutions, etc.). En effet, le terme « exploitation agricole » semble renvoyer à une vision négative liée au fait d’« exploiter » le vivant ; ce qui ne relève pas de la démarche d’agriculture paysanne dans laquelle s’inscrivent les micro-fermes.
Dans sa thèse de 2016, Kévin Morel ne souhaite pas non plus parler d’exploitation agricole, « vocable qui relève directement de la logique industrielle [...]. [Il] lui préfère le terme de ferme – bien qu’historiquement ce terme dérive du régime foncier particulier du fermage – car c’est comme cela que la plupart des paysans en France appellent leur exploitation. Nous verrons par la suite que les micro-fermes ont été nommées ainsi par des paysans qui préfèrent ce terme à celui de "micro-exploitations" ».
Pour simplifier, nous désignerons l’action du ou des responsables de la ferme en utilisant comme sujet des phrases, le terme « la ferme ». Par exemple, « la ferme met en place telle ou telle action ».

  • Sur l'usage du terme "responsable de la ferme"

Le terme « responsable » permet de ne pas entrer tout de suite dans le débat des définitions et représentations de ce qu'on entend par « chef d’exploitation », « paysan » ou « agriculteur ».
Reste à définir, à partir de quel(s) critère(s) un agriculteur peut-il se définir « responsable » de la ferme ? D'après la terminologie de l’agriculture (1993) base la responsabilité d’une ferme sur les plans économique et juridique. Le Comité de Pilotage décide qu’il s’agit de la ou les personnes partageant les décisions de la ferme et que c’est à l’enquêté de choisir en fonction de sa propre représentation.

  • Sur l'usage du terme "activité agricole"

D’après l’article L311-1 du Code Rural et de la Pêche Maritime (CRPM), « sont réputées agricoles toutes les activités correspondant à la maîtrise et à l'exploitation d'un cycle biologique de caractère végétal ou animal et constituant une ou plusieurs étapes nécessaires au déroulement de ce cycle ainsi que les activités exercées par un exploitant agricole qui sont dans le prolongement de l'acte de production ou qui ont pour support l'exploitation. Les activités de cultures marines sont réputées agricoles, nonobstant le statut social dont relèvent ceux qui les pratiquent. Il en est de même des activités de préparation et d'entraînement des équidés domestiques en vue de leur exploitation, à l'exclusion des activités de spectacle ».

La cueillette en fait donc partie. Dans nos premières enquêtes, un cueilleur, actuellement agriculteur à titre principal, nous a évoqué une discussion avec un contrôleur de la Mutuelle Sociale Agricole (MSA) qui a dans un premier temps remis en cause la nature agricole de son activité puis, après lecture du CRPM et discussion avec le cueilleur, a changé d’avis et l’a affilié à la MSA. L'agriculteur nous a précisé que la cueillette était aujourd’hui beaucoup plus reconnue comme une activité agricole car ils ont « fait le boulot de pionniers dans la région » (entretien du 31 mars 2017).

De plus, l’article L911-1 du CRPM précise le terme de culture marine et énonce la conchyliculture (dont l’ostréiculture fait partie), la pisciculture, les élevages marins comme en faisant partie. Cette précision justifie en partie la visite d'une entreprise ostréicole à La-Teste-de-Buch, le 21 avril 2017.

Une nomenclature des activités agricoles sera construite pour le questionnaire de recensement.

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