La Nuit de l’agro-écologie au Haillan

 In Vie du projet

Ce jeudi 22 juin 2017, se tenait au Haillan (à l'ouest de Bordeaux): La Nuit de l’agro-écologie , organisée par l'association Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières (AVSF).

Durant ses recherches sur les micro-fermes, MicroAgri doit souvent se confronter à la thématique de l’écologie en agriculture. Elle est très récurrent dans ce domaine. Une base bibliographique est à disposition des équipes de recherches et la plupart des membres & partenaires travaillent dans des domaines liés de près ou de loin l’agro-écologie. La Nuit de l’agro-écologie est un évènement incontournable pour notre projet.

Une quinzaine de partenaires* ont répondu présent dans des secteurs aussi divers de que le zéro déchet ou bien le DIY (Do it yourself). Des stands, tenus par des représentants de chaque organisme étaient garnis de visuels et de prospectus qui permettaient d’abord d'apprécier une courte entrée en matière et ensuite de se plonger un peu plus dans le détail.

Deux conférences et deux temps de questions ont été animés par Titouan Pace, organisateur de cet événement pour AVSF.

Agriculture biologique et agro-écologie

La première était tenue par Sylvie Dulong, présidente d’Agrobio Gironde (Groupement d'Agriculteurs Biologiques de Gironde) qui nous a présenté les principes de l’agriculture biologique et le cas particulier de la Gironde, et Benoît, viticulteur en Biodynamie a expliqué comment il développe l'agro-écologie sur son domaine.

L’agriculture biologique en gironde est majoritairement représentée par les vignobles étant donné que c’est la principale activité agricole du département. La viticulture est traditionnellement une monoculture propice au modèle conventionnel réductionniste. Cette propriété propulse le territoire girondin en têtes des importations de produits phytosanitaires de synthèses, avec des chiffres dépassant les 3 millions de tonnes/an. Néanmoins face à la demande croissante des consommateurs en matière de qualité sanitaire, les labels biologiques se multiplient. La production de vin est soumis à de nombreux aléas, souvent des maladies fongiques et les insectes ravageurs. En agriculture biologique, les pesticides issus de la chimie de synthèse sont bannis et remplacés par des “pesticides vert”, ou bio-pesticides. La fameuse bouillie bordelaise à base de sulfates de cuivres et de chaux (inoffensifs pour l’homme) joue son rôle, bien qu’il faille réaliser plus de traitements puisque sa rémanence est moindre. La lutte biologique (sur la base d’antagonistes) est également priorisée. On peut remarquer que la biodiversité et la fertilité des sols ne sont pas la vraiment les considérations dominante. Le bio répond d’abord à une demande de produits alimentaires considérés comme sains par les consommateurs (c’est-à-dire : sans OGM et produits phytosanitaires de synthèse).

Benoît, le viticulteur en biodynamie, était parfaitement dans le thème : associations de cultures (par ex., plantation d'oignons entre les pieds de vigne), non travail du sol, paillage (naturel et non naturel), etc. Il ambitionne notamment de dynamiser la biodiversité en créant un parc arboricole sur l’ensemble le domaine. Les arbres ainsi plantés offrent, je vous l’accorde un logis à certains insectes, mais ils servent surtout de nichoir à de nombreux oiseaux et constituent des points de repère à l'écholocation des chauves-souris. Les prédateurs peuvent alors chasser divers insectes ravageurs la nuit pour les uns, le jour pour les autres, au-dessus des vignes. Un véritable écosystème où tout n'est que question d'équilibre, et qui en plus, selon Benoît, lui assure une production suffisante pour faire vivre son entreprise et sa famille.
Avant d’arriver à cet accomplissement agro-écologique, sa démarche fut de rassembler différents acteurs associatifs spécialisés dans chaque domaine du vivant (des spécialistes des insectes, des spécialistes des oiseaux, chauve-souris,...).
Fusionner les savoirs pour aboutir à une synthèse globale c’est typiquement comprendre la place centrale et complexe de l’écologie. Une compréhension qui semble facilement appréhendable mais qui dans les fait, va à l’encontre de l’organisation “en silo” des Sciences, de l’industrie ou même des services administratifs par exemple. C’est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles l’écologie est mal comprise.

L'agro-écologie s'organise

La seconde conférence était animée par Adrien et Fanny, un couple de maraîchers sur St-Médard-en-Jalles (Les Jardins de Berlincan), Charles Oksenhendler, fondateur de la ferme de la Glutamine (Tresses, à l'est de Bordeaux) et enfin Jean-Alain Bouyssou, élu écologiste au Haillan et fervent défenseur du fonctionnement de distribution local en Association pour le Maintien d'une Agriculture Paysanne (AMAP).

L’agro-écologie chez Adrien et Fanny est notamment représentée par la volonté de favoriser la biodiversité par l’installation dès le début du projet d’une haie champêtre sur une grande partie de la clôture (en partenariat avec l'association Arbre & Paysage). Celle-ci apporte fraîcheur, humidité, biodiversité et permet une rupture avec la route bruyante et polluante. Les Jardins de Berlincan sont cultivé en agriculture biologique bien sûr.

A la ferme de la Glutamine, c’est la totalité du projet qui est pensé de façon durable avec notamment la gestion de l’énergie, de l’eau, des déchets. La ferme de la Glutamine est une association de promotion d'une "agriculture durable, vivrière et radieuse". Ses activités sur le terrain de Tresses sont en cours de mise ne place. Le cœur du projet sera l'installation de maraîchers en "coworking agricole" sur des parcelles d'environ 4000 m² avec un tutorat de professionnels, des formations et un suivi d'un comité scientifique et technique. Un vrai laboratoire d'innovation sociale ! L’ensemble des acteurs locaux sont associés dans une véritable économie circulaire faisant s’imbriquer des lieux collectifs de recyclage, compostage des déchets organiques (Compost In Situ) mais également une conserverie (Le Bocal Local)**.

Durant toute la soirée, un buffet de fruits et légumes mais aussi des denrées de producteurs locaux comme du vin, du pain, du fromage ou encore de la soupe maison à base de produits invendus était disponible (Discosoupe). Les visiteurs qui ont su rester jusqu’au bout de la nuit ont pu profiter de cagettes d’invendus promis au gaspillage qui ont été récupérés plus tôt dans la journée, et mises en libre accès.

Merci aux bénévoles et à l'équipe d'AVSF Bordeaux !

*Liste des partenaires présents : AVSF (Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières) - Ville du Haillan - AMAP haillanaise - ACESA (Agir pour un Commerce Équitable et Solidaire en Aquitaine) - AGAP (Association Girondine pour l'Agriculture Paysanne) - Arbre et Paysage - L'Autre Lieu - Bordeaux Sciences Agro - Cistude Nature - Les Colibris - Disco Soupe - La Ferme Glutamine - ISF (Ingénieurs Sans Frontières) - Jardins Cuisiniers - Maison de la Nature et de l'Environnement

**Pour plus d'infos, relisez notre article du 9 mai dernier et n'hésitez à visiter la page Facebook  de La Glutamine.

Paul Magnin
Etudiant en Licence de Biologie à l'université de Bordeaux. Stagiaire du groupe de coordination du projet MicroAgri.
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